Pourquoi le pouvoir change la personnalité
L’accès au pouvoir transforme ceux qui l’exercent. Cette observation, loin d’être anecdotique,
s’appuie sur un corpus de recherches documentant des altérations, possiblement profondes, de
la personnalité des leaders. Le « syndrome d’hubris » — analysé dans d’autres publications [1-3] — en constitue la manifestation la plus spectaculaire, mais le phénomène dépasse cette seule
pathologie.
Cet article examine les transformations caractéristiques du pouvoir : confiance excessive, érosion
de l’empathie, émergence de traits narcissiques. Notre analyse s’articule autour de trois niveaux
explicatifs : les processus psychologiques (biais cognitifs, dépendance au statut), les dynamiques
interpersonnelles et institutionnelles (isolement, flatterie, inefficacité des contre-pouvoirs) et
les fondements neurobiologiques (modifications des systèmes dopaminergique et hormonal).
Nous discuterons des implications de ces changements de personnalité : leurs effets sur la santé
mentale individuelle, familiale et professionnelle du leader, d’une part, et leurs conséquences pour
la stabilité démocratique et le bien collectif, d’autre part.
- Syndrome d’hubris
- personnalité
- pouvoir
- mécanismes psychologiques
- mécanismes sociaux
- mécanismes neurobiologiques
- leaders politiques
- santé collective