La médecine chinoise : altérité paradigmatique d’un système savant et perspectives d’intégration
La médecine chinoise constitue un système médical savant élaboré en Asie orientale sur plus de deux millénaires, caractérisé par une remarquable continuité épistémologique et par une reconnaissance institutionnelle qui, en Chine et dans plusieurs pays, lui confère un statut comparable à celui de la médecine conventionnelle dans plusieurs pays. Elle n’est pas fondée sur une approche principalement empirique mais sur un corpus écrit considérable — près de dix mille ouvrages — et sur une construction intellectuelle qui en fait une discipline théoriquement structurée. Après avoir clarifié les ambiguïtés terminologiques qui pèsent sur sa définition, cet article expose l’ossature paradigmatique du système (conceptions de la globalité et du mouvement perpétuel, trois trésors, yin/yang et cinq mouvements, substrats corporels), puis l’articulation dialectique singulière qui lie le diagnostic au traitement (bianzheng lunzhi). Il tente de montrer l’altérité radicale des représentations du corps, source de malentendus persistants entre les deux médecines, d’esquisser l’histoire de sa transmission en Occident, avant d’examiner avec lucidité l’état de l’évaluation scientifique et les conditions d’une intégration raisonnée dans l’éventail de soin proposé en Occident.
Mots clés
- Médecine chinoise
- médecine savante
- épistémologie médicale
- paradigme
- santé intégrative
- acupuncture
- pharmacopée chinoise
- bianzheng lunzhi