6. Orthopractie et Neuromodulation du Soi corporel

Par Safin Jean-Luc, Roland-Gosselin Augustin, Bouisset Nicolas
Français

Le bien-être dépend étroitement de l’aisance à réguler ses interactions avec le monde en se tenant debout, tant au plan spatial que psychosocial. Les données scientifiques actuelles suggèrent que les fonctions exécutives et la douleur relèvent davantage des déterminants centraux du Sentiment de Soi dans l’espace-temps (« ici et maintenant »), que de mécanismes biomécaniques ou réflexes [1, 2, 3, 4, 5]. Cette évolution conceptuelle conduit à repenser les fondements des thérapies manuelles.
L’orthopractie est une thérapie manuelle qui s’inscrit dans ce changement de paradigme. Elle vise à moduler la manière dont le cerveau perçoit, représente et contrôle le corps en action dans son environnement gravitationnel Son intervention repose sur un ensemble de techniques manipulatives des marqueurs proprioceptifs réalisées sur un patient préférentiellement maintenu en station debout, afin de préserver les référentiels sensorimoteurs naturels de la posture et du mouvement. Sa pratique s’appuie sur un raisonnement clinique systémique fondé sur les neurosciences cognitives et affectives du contrôle moteur [6, 7, 8]. L’objectif thérapeutique n’est pas de corriger l’agencement des différents segments corporels, mais de restaurer ou d’optimiser l’aisance hédonique de la fonction, en favorisant une adaptation sensorimotrice plus efficiente. Au-delà d’influences locales, les effets attendus reposent sur les mécanismes de plasticité synaptique des réseaux impliqués dans le contrôle moteur, la perception corporelle et la régulation émotionnelle, mobilisés par le dialogue cognitif et métacognitif instauré par les stimulations tactiles [9, 10, 11, 12, 13, 14].

Mots clés

  • Orthopractie
  • Soi perçu dans l’espace
  • codage cognitif
  • effets contexte
  • cartes corticales
  • neuroplasticité
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